Pour fêter le centenaire du photographe André Ostier (1906-1994), la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent présente une sélection de ses plus belles photographies, qui rendent hommage au monde de la création et à la vie parisienne.
Parisien de naissance et de cœur, André Ostier fut un chroniqueur avisé qui a capté le regard et l’environnement des créateurs dans les arts plastiques (tels Pierre Bonnard, Henri Matisse, Pablo Picasso, Francis Bacon et David Hockney), la littérature (Simone de Beauvoir, Truman Capote, Jean Genet, Paul Valéry, Tennessee Williams…) et la mode (parmi lesquels, Coco Chanel, Christian Dior et Yves Saint Laurent).
De même, André Ostier a pérennisé l’élégance éphémère des grandes fêtes mondaines de l’après-guerre, où souvent masques et déguisements ajoutaient à la féerie. Comme par le passé, les personnages légendaires de la vie parisienne (le duc et la duchesse de Windsor, Marie-Laure de Noailles, Carlos de Beistegui, Jacqueline de Ribes, Barbara Hutton et Alexis de Redé) s'y retrouvent pour célébrer l'événement.
André
Ostier, le Rolleiflex en bandoulière, a photographié son époque. Il
aurait eu cent ans cette année. De Matisse à Picasso, des Noailles aux
Lopez, il a su prendre au piège de son appareil les artistes et les
gens du monde. Il a promené sur eux un regard attentif, curieux,
bienveillant. La cruauté n'était pas son fort. Il savait que c'est un
travers facile dans lequel certains photographes se perdent. L'empathie
qui le reliait à ses modèles allait de soi.
Il a su mieux
qu'un autre attraper au vol l'interrogation de l'artiste comme il a su
montrer l'ironie et la légèreté d'un monde disparu. Ses photographies
sont autant de documents précieux qui racontent une histoire. Celle
d'un monde insouciant où l'art et la vie semblaient aller de pair.
Mais, ne nous y trompons pas, comme celle de tous les créateurs, l'œuvre d'André Ostier recèle bien des tourments, bien des
interrogations. Jean Cocteau disait qu'il n'y avait rien de moins
objectif qu'un objectif. André Ostier n'était pas objectif et c'est de
lui qu'il parle d'abord. Ce sont ses admirations, ses goûts, ses
passions qu'il dévoile. Son œuvre raconte sa vie et ses secrets.
Ceux d'un homme patient qui savait traquer le temps et l'observer avec
une insatiable gourmandise.
Je ne parlerai pas de l'ami
que j'ai bien connu, des joies partagées. je me souviens de lui,
distant, discret, précis. De sa mémoire, de sa culture, de son
intelligence. De ces années qui ont filé comme le vent. Puisse cette
exposition rendre compte de son talent qui était rare et le montrer tel
qu'il était vraiment : un témoin de son temps.
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