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Yves Saint Laurent

Théâtre, Cinéma, Music-hall, Ballet

October 4, 2007 - January 27, 2008

 

The Fondation’s seventh exhibition, Theatre, Cinema, Music Hall and Ballet, ABORDE an aspect LESS FAMILAR of the work of Yves Saint Laurent, presenting to the public the creations he realized for both scenery and iconic interpretations. Here we have Catherine Deneuve in Belle du jour; Arletty in Les Monstres sacrés, Anny Duperey in Alain Resnais’ Stavisky, Isabelle Adjani in Subway, ou encore Geneviève Page, in the scenery of Aigle à deux têtes (1978). Working alongside Zizi Jeanmaire and Roland Petit, he also designed the decor and costumes for the Champagne rosé and the famous “thing with feathers,” as well as for Notre Dame at the Opera of Paris or the Cyrano de Bergerac in 1959. 17 dresses, film extracts, photographs and original, unpublished sketches bring these legends of the stage to life.

 

Curators Yves Saint Laurent and Pierre Bergé

Set disigner Christophe Martin

 

Exhibition catalogue, 15€

 

 

Avant-propos de Pierre Bergé

Le monde théâtral d'un esprit solitaire

La fascination d'Yves Saint Laurent pour le monde qui s'allume aux feux de la rampe fut précoce, soudaine et intense.

 

Cette passion naquit vraiment lorsqu'à treize ans il vit, grâce à une tournée à Oran, une représentation de l'Ecole des femmes, mise en scène par Louis Jouvet, dans des décors et des costumes de Christian Bérard. Ce jour-là, le rêve devint réalité. Il reçut une leçon, il l'a écoutée et il l'a comprise. Cette grande leçon que Jouvet et Bérard lui ont donnée sans le savoir, c'est celle du Théâtre tout entier et c'est celle de l'Art.

 

On le sait, rien n'est plus faux que le vrai, ni plus trompeur, mais en revanche si le faux sait se charger des mystères de la création, s'il n'essaie pas d'imiter servilement la vérité mais seulement de la suggérer, alors il devient plus vrai que vrai.

 

Sur une scène un morceau de tissu bon marché devient, par magie, le plus rare des brocarts, le plus somptueux des velours. Un rideau rouge et une simple cordelière d'or évoquent davantage que des décors coûteux et des trompe-l'oeil savants.

 

Yves Saint Laurent a aussi retenu qu'un costume servait à créer un personnage et que la psychologie était plus importante que l'esthétique.

 

Sa rigueur, son refus du hasard l'ont obligé à oublier qu'il était un couturier car il a su depuis toujours qu'il s'agissait de deux métiers différents.

 

Ce n'est pas étonnant que cet homme discret, modeste, replié sur lui-même, ait su dessiner pour le music-hall, le cinéma, le ballet, le théâtre, les costumes les plus brillants, les plus extravagants et les plus éclatants.

 

Et quand il se penche sur son passé, je sais qu'il pense à cette représentation de l'Ecole des femmes où son destin se décida ; et lorsqu'il dessina, au Théâtre de l'Athénée, pour Edwige Feuillère et Jean Marais, les décors et les costumes de Cher menteur, on peut être sûr qu'à travers l'inoubliable couple de l'Aigle à deux têtes ce sont les mythes les plus importants de sa jeunesse qui vinrent à sa rencontre : Cocteau, Jouvet, Bérard.

 

Dans ces chimères, il découvrit une réalité. Un monde foisonnant de vie se révélait à lui dans ses moments les plus magiques.

 

Cet amour du merveilleux ne devait jamais l'abandonner.

 

Et depuis, quelque chose en Yves Saint Laurent n'a pas cessé de prendre vie aux feux de la rampe.



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