Encounters

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1965 Catherine Deneuve

"J'ai débarqué à 22 ans rue Spontini, où il était alors installé. C'était fin 1965, et j'avais découpé dans ELLE la photo d'une robe de la collection de la saison précédente. Ça a amusé tout le monde, qu'une fille aussi jeune, presque inconnue, se paie une robe de haute couture et, de surcroît, un modèle qui avait déjà près d'un an. C'était un long fourreau de crêpe blanc, avec un plastron brodé rouge, très slave, très pur, très strict, que j'ai porté à Londres pour être présentée à la reine Elizabeth, lors de la Royal Performance. [...] On s'est connus à ce moment-là. Et j'ai continué à aller chez Saint Laurent. Ce qui, pour ma bourse, était alors quelque chose d'absolument déraisonnable. N'oublions pas que le prêt-à-porter n'est venu qu'en 69-70."
Catherine Deneuve

"Elle a toujours été extraordinaire pour moi. Je l'habille depuis Belle de jour, le film de Luis Buñuel. C'est une femme qui a un charme et un cœur merveilleux. Pour moi, elle est la plus grande star mondiale. Nous nous écrivons souvent. Je l'appelle Catherine, ma douceur, elle m'envoie des roses pâles."
Yves Saint Laurent

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1965 Helmut Newton

Né en 1920 à Berlin, il achète son premier appareil à 12 ans et photographie tout ce qu'il voit dans la rue. En 1938, il fuit les persécutions nazies, part pour la Chine et Singapour, et travaille pour le quotidien Straits Time d'où il sera renvoyé pour "incompétence" au bout de deux semaines. Après la guerre, il ouvre un studio en Australie et épouse en 1947 une actrice, qui sera connue plus tard comme photographe sous le nom d'Alice Springs. Il s'installe en 1956 à Paris, et avec Jeanloup Sieff et Franck Horvat, contribuera au renouveau de la photo de mode en sortant des studios. Dès le milieu des années 60, il réalise ses célèbres images pour Yves Saint Laurent, et les deux hommes se suivront tout au long de leurs carrières. Mon admiration pour Yves Saint Laurent était sans borne. N'habillait-il pas ma "femme idéale" de la façon dont je voulais la photographier ? Elle était féminine, cool, sexy, exigeante, et cependant parfaitement accessible à condition d'y mettre du sien et de l'argent. Au cours de mes vingt-trois ans de collaboration régulière pour Vogue, je m'étais assigné pour mission de célébrer la femme de 30-32 ans. Celle du 16e arrondissement qui a trop d'argent, trop de temps disponible et cherche l'aventure. Qui pouvait mieux l'incarner que la Catherine Deneuve du film de Luis Buñuel Belle de jour ?
- Helmut Newton, dans Le Monde

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 1965 Margot Fonteyn

Yves Saint Laurent habille la danseuse Margot Fonteyn à la ville comme à la scène.

J'ai senti son pouvoir de magicien en observant Margot Fonteyn, qui avait l'habitude de disparaitre de temps et temps et réapparaissait à chaque fois avec une nouvelle subtilité d'élégance. Elle venait de voir Yves. Cette conjonction unique de discipline et d'aisance luxueuse, mélée à une certaine austérité, m'a complètement séduit. Puis j'ai rencontré l'homme : pâle, malin, généreux, avec une énergie féroce masquée sous son calme délicat.
- Rudolf Noureev

Andy Warhol et Paloma Picasso / Andy Warhol and Paloma Picasso

1966 Andy Warhol

Il avait un œil précis, c'est-à-dire cruel, ne ratait rien, n'épargnait ni ses amis ni ses admirateurs. [...] Avec Paul Morrissey, il participa à la réalisation de films mi-scandaleux, mi-avant-gardistes. Il adorait les films pornographiques et m'emmena voir Deep Throat dès sa sortie.

En Europe, il découvrait un monde qu'il ignorait, dont il avait rêvé. Pur produit américain, il croyait à une certaine idée de la culture. Savait-il que la nôtre touchait à sa fin ? Que tout ce qui le fascinait , haute couture, Art déco, bar du Ritz, café Florian, bientôt ne voudrait plus rien dire? Rien n'est moins sûr.
[...]
Petit à petit, à force d'être à la mode, il est devenu un sujet pour tabloïds. Comme un torero, un danseur, un chanteur ou un couturier. En un mot une star. Drôle de destin que celui de ce fils d'immigrés qui commença par dessiner des chaussures et qui finit par peindre la première dame des Etats-Unis. Il méritait mieux que cette réputation. La postérité le dira et le reconnaîtra comme un artiste majeur de notre temps, si toutefois elle ne le confond pas avec les faiseurs d'art contemporain. Ce qu'il n'était en aucun cas.
- Extraits de Les jours s'en vont je demeure de Pierre Bergé

C'est un artiste complet. Pas juste un peintre, un artiste. Ses films, ses affiches, tout est dans la générosité. Et dans la folie. Vous ne pouvez certainement pas être un artiste si vous n'êtes pas un peu fou...
- Yves Saint Laurent

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1967 Betty Catroux

"Ca a l'air d'une blague mais il m'a draguée chez Régine par l'intermédiaire d'un ami commun".

La jeune femme blonde d'1,83m aux jambes interminables et à l'éternelle frange deviendra l'une de ses muses, toujours éclatante dans un smoking.

Nous étions comme frère et soeur, comme des jumeaux. Nous étions tellement pareils. On s'amusait, on faisait des folies et des trucs stupides. Et nous étions tous les deux angoissés. On partageait ça aussi.
- Betty Catroux

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1967 Loulou de la Falaise

Loulou est la fille du Comte Alain de la Falaise et de Maxime Birley, qui fut mannequin chez Schiaparelli. La muse d'Yves Saint Laurent: égérie, amie, Loulou de la Falaise arrive dans la maison de couture en 1972. Elle signe plus de trois cents bijoux par an et s'occupe de la ligne maille.

Le vrai talent de Loulou de la Falaise, en dehors de ses qualités professionnelles incontestables, c'est le charme. Particulier. Émouvant. L'étrange pouvoir d'un don de légèreté, mêlé à une acuité irréprochable de son regard sur la mode. Intuitif, inné, particulier. Sa présence à mes côtés est un rêve.
- Yves Saint Laurent
Après chaque collection, Yves dit "j'ai dit tout ce que j'avais à dire". Arrive la collection suivante,et les sublimes croquis d'Yves et nous voilà repartis. N'étant pas très doué pour le bonheur, il semble vivre la vie de ces femmes qui change tout le temps qui sont constamment excitées par la vie. Ce n'est pas une femme en particulier, pas moi, pas ses clientes, elles sont la vie. Après, dès que nous avons commencé à travailler, il peut dire : C'est pour cette femme en particulier. Yves ressent les choses, un peu comme un devin.
- Loulou de la Falaise

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1967 Paul et Talitha Getty

Talitha Pol Getty et son mari Paul Jr, faisait partie de la communauté étrangère de Marrakech. Née à Java de parents hollandais, Talitha a passé ses jeunes années dans une prison de guerre japonaise avec sa mère, alors que son père, le peintre William Pol était détenu dans un autre camp.

Après la guerre, Talitha séjourna en angleterre avec son père. Après son mariage en 1966 avec le troisième des cinq fils du baron du pétrole J. Paul Getty Sr., ils passèrent leur temps entre leur maison de Rome et celle de Marrakech.

D'une très grande beauté, avec ses cheveux châtain et ses yeux en amande, elle fait une forte impression sur Yves Saint Laurent qui voit en elle une incarnation contemporaine des héroines de F. Scott Fitzgerald . Mick Jagger, Marianne Faithfull, et le décorateur américain Bill Willis faisaient partie de cette petite communauté, qui passait des soirées dans la maison de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à Marrakech, Darr el-Hanch, à écouter Maria Callas sur la terrasse...
Un soir à Paris, suite à une représentation de Notre Dame de Paris de Roland Petit, avec Rudolf Noureev et Claire Motte dans les rôles principaux, Talitha, Paul, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent raccompagnèrent Noureev à l'hôtel Ritz. Soucieux d'impressionner Talitha, il se mit à faire une représentation improvisée de Pétrouchka sur les pavés de la Place Vendôme...
Le 11 juillet 1971, Talitha sera trouvée morte d'une overdose d'héroïne, dans son appartement de Rome.

Yves Saint Laurent et Charlotte Aillaud, 1967 / Yves Saint Laurent and Charlotte Aillaud, 1967

1967 Charlotte Aillaud

Charlotte Aillaud, une fidèle depuis 1967, est la soeur de Juliette Gréco.

Yves est un grand solitaire, mais il éprouve le besoin de voir ses robes. Son rapport au monde est très esthétique. Il adore les moments privilégiés. Inviter chez lui les gens à passer 48 heures. Il aime que les gens soient beaux, pour lui c'est un moment de bonheur...
- Charlotte Aillaud

Lauren Bacall et Pierre Bergé en 1986 / Lauren Bacall and Pierre Bergé in 1986

Lauren Bacall

 

" Quand j'ai rencontré Yves Saint Laurent, c'était à l'occasion d'une pièce pour la télévision américaine avec lui et trois autres couturiers. J'ai présenté les pantalons et je disais "pants, pants, pants !", Il a créé mon premier smoking et personne en 1968 ne s'habillait comme ça. Moi j'adore ca, tout le monde en pantalon, toutes les femmes et Yves est un maître dans ce domaine, c'est le meillleur."

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1965 Catherine Deneuve

I was 22 when I showed up at Rue Spontini, where he was situated at the time. It was late 1965 and I had cut out from Elle Magazine a photo of a dress from the previous season's collection. Everyone was amused to see a practically unknown young woman buying herself an haute-couture dress, and on top of it a model which was almost a year old. It was a long white crêpe sheath with a red embroidered plastron - very Slav, very pure, very strict - which I wore in London when I was presented to Queen Elizabeth during the Royal Performance. [...]
That's when we met. And I continued to visit Saint Laurent, which was completely unreasonable given my means at the time. Don't forget that ready-to-wear was only introduced in 69-70.
- Catherine Deneuve

She has always been extraordinay for me. I've been dressing her since Belle de Jour, the film by Luis Buñuel. She has a wonderful charm and heart. For me, she is the greatest star in the world. We often write to each other. I call her Catherine, ma douceur (Catherine, my sweet), and she sends me pale roses.  
- Yves Saint Laurent

1965 Helmut Newton

 Born in 1920 in Berlin, Newton bought his first camera at the age of 12 and photographed everything he saw in the street. In 1938, he escaped Nazi persecution and left for China and Singapore where he worked for the Straits Times before being fired for 'incompetence' after two weeks. After the war, he opened a studio in Australia and in 1947 married an actress, who would later become known as a photographer under the name Alice Springs.
He settled in Paris in 1956 and, with Jeanloup Sieff and Franck Horvat, contributed to a renewal of fashion photography by moving outside the confines of studios. From the mid-sixties, he shot iconic photographs for Yves Saint Laurent. The two men would collaborate throughout their careers.  My admiration for Yves Saint Laurent was boundless. Didn't he dress my 'ideal woman' in the way that I wanted to photograph her? She was feminine, cool, sexy, demanding and yet accessible on the condition of making an effort and coming up with cash.
During the course of my 23 years of regular work with Vogue, I had set the mission for myself of celebrating the 30- to 32-year-old woman. The one from the 16th arrondissement who has too much money, too much time and who is looking for adventure.
Who could better embody her than the Catherine Deneuve of Luis Buñuel's film Belle de Jour? 
- Helmut Newton, in Le Monde 

1965 Margot Fonteyn

Yves Saint Laurent outfitted Margot Fonteyn for the stage as well as her private life.
I felt his magician's power by observing Margot Fonteyn,who had the habit of disapearing from time to time and of returing each time armed with a new, precise, subtle elegance. She'd come back from seeing Yves. That unique conjunction of discipline and luxurious ease with austerity completely charmed me. Then I met the man : pale, witty, generous, a man with a ferocious energy hidden beneath his delicate calm.”
- Rudolf Nureyev

Andy Warhol et Paloma Picasso / Andy Warhol and Paloma Picasso

1966 Andy Warhol

He had a precise eye, meaning cruel. He missed nothing and would spare neither his friends, nor his admirers.[...]
With Paul Morrissey, he participated in making some part-scandalous, part-avant-gardiste films. He loved pornographic movies and took me to see Deep Throat as soon as it was released. In Europe, he discovered a world he did not know, but had dreamed of. A pure product of America, he had a certain idea of culture. Did he know that ours was coming to an end? That everything that fascinated him - haute couture, art deco, the bar of the Ritz, the café Florian - would soon mean nothing? It is far from certain. [...]
Bit by bit, as a result of being fashionable, he has become fodder for tabloids. Like a bullfighter, a dancer, a singer or a couturier. In a word, he has become a star. What a destiny for this immigrant's son who began by drawing shoes and ended up painting the First Lady of the United States. He deserved better than this reputation. Posterity will judge and will recognize him as a major artist of our times, unless it mistakes him for a maker of contemporary art. Which he absolutely wasn't.
 - Excerpt from Les jours s'en vont je demeure by Pierre Bergé

He's the complete artist. Not just a painter, but an artist. His life, his films, his posters; all stand for generosity. And for madness too. You can't be an artist unless you're a little mad. 
- Yves Saint Laurent

1967 Betty Catroux

“It sounds like a joke, but he picked me up at Régine's night club through a mutual friend.”
The tall young blond woman with the neverending legs would become one of Yves Saint Laurent's muses, always striking in one of his signature smokings. We were like brother and sister, like twins. We were so alike. We had fun together, doing crazy things and being silly. And we were both full of anguish at that age. So we shared that too. 
- Betty Catroux

1967 Loulou de la Falaise

Loulou is the daughter of Count Alain de la Falaise and former Schiaparelli model Maxime Birley. Yves Saint Laurent's muse, Loulou de la Falaise arrived  in the fashion house in 1972. She designed over 300 articles of jewelry every year and was in charge of the maille line. Loulou de la Falaise's true talent, apart from her evident professional qualities, is charm. Particular. Moving. The strange power of her gift for lightness, melded with the impeccable acuity of her eye for fashion. Intuitive, innate, particular. Her presence at my side is a dream.
- Yves Saint Laurent

After each collection, Yves says, 'I've said all I have to say.' And the next collection comes along and there's Yves with a bunch of sketches and off we go again. Not being a very happy person himself, he seems to live vicariously the lives of these women who change all the time, who are constantly excited about life - they're not real women in particular, not me, not his clients, they're life. Afterwards, when we've started working, he can say : this one is for that woman. Yves senses things a little like a fortune-teller. 
- Loulou de la Falaise

1967 Paul et Talitha Getty

Talitha Pol Getty and her husband Paul Jr were a part of the foreign community of Marrakesh. Born in Java to Dutch parents, Talitha spent her early years in a Japanese prisoner of war camp with her mother, while her father, the painter William Pol, was incarcerated in another camp. After the war, she lived in England with her father. In 1966, she married J. Paul Getty Jr, the third of five sons of the oil baron.
They spent their time between their homes in Rome in Marrakesh. Yves Saint Laurent saw the great beauty with brown hair and almond eyes as a modern embodiment of F. Scott Fitzgerald's heroines. Mick Jagger and Marianne Faithfull, and the American interior designer Bill Willis were a part of the small group of visitors who would spend evenings at Darr el-Hansh, Pierre Bergé and Yves Saint Laurent's Marrakesh getaway, listening to Maria Callas on the terrace...
One night in Paris, after a performance of Notre Dame de Paris, directed by Roland Petit and starring Rudolf Nureyev with Claire Motte, Talitha, Paul, Pierre Bergé and Yves Saint Laurent walked Nureyev back to the Ritz Hotel. Seeking to impress Thalita, Nureyev made an improvised performance of Petrushka on the cobblestones of the Place Vendôme...
On July 11th, 1971, Talitha was found dead in her Rome apartment from a heroin overdose.

Yves Saint Laurent et Charlotte Aillaud, 1967 / Yves Saint Laurent and Charlotte Aillaud, 1967

1967 Charlotte Aillaud

Charlotte Aillaud, a faithful friend since 1967, is the sister of the singer Juliette Greco. Yves is a solitary figure, but he feels the need to see his dresses on people. His relationship with the world is very esthetic.
He loves special moments. Inviting people to his place for 48 hours. He likes people to be beautiful. It is a gratifying experience for him. 
- Charlotte Aillaud 

Lauren Bacall et Pierre Bergé en 1986 / Lauren Bacall and Pierre Bergé in 1986

Lauren Bacall

" Quand j'ai rencontré Yves Saint Laurent, c'était à l'occasion d'une pièce pour la télévision américaine avec lui et trois autres couturiers. J'ai présenté les pantalons et je disais "pants, pants, pants !", Il a créé mon premier smoking et personne en 1968 ne s'habillait comme ça. Moi j'adore ca, tout le monde en pantalon, toutes les femmes et Yves est un maître dans ce domaine, c'est le meillleur."



1969 Paloma Picasso

Paloma Picasso is the daughter of Pablo Picasso and Françoise Gilot. She met Yves Saint Laurent during a visit with her mother to his fashion house at Hôtel Forain.

He's made me laugh, smile and cry with emotion, never with sorrow, on many occasions. I have to admit that I'm a slave to his charm - but how could I not be, when with the models he dedicates to me, I become more Carmen, more 40's, more toreador, more subdued, more theatrical, more myself, really, with each collection.
- Paloma Picasso 



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