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David Seidner

Photographies

October 2, 2008 - February 1st, 2009

 

Né à Los Angeles en 1957 et prématurément disparu du SIDA en 1999, David Seidner a laissé une œuvre aux registres multiples, encore largement méconnue. Collaborateur des revues de mode les plus prestigieuses, il assura durant plusieurs saisons les campagnes photographiques de la maison Yves Saint Laurent.

 

La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent présente son travail le plus personnel. On ne peut qu’admirer sa maîtrise, sa technique, tout en étant bouleversé par l’émotion qui sourd à tout moment. Articulées autour de différents thèmes - corps fragmentés, nus, portraits, ainsi qu’une ultime et éblouissante séquence d’orchidées - les œuvres exposées ici allient le souci formel le plus extrême à la sensualité la plus raffinée.

 

Commissaires d'exposition Violeta Sanchez et Gilles Jaroslav

Scénogarphie Gilles Jaroslav

 

Catalogue de l'exposition David Seidner, édition Le Promeneur, 25 €

 

Avant-propos par Pierre Bergé

J’ai connu David Seidner à New York au début des années 80. Il n’était pas encore l’artiste qu’il allait devenir mais on comprenait tout de suite, à l’écouter, qu’il allait occuper dans l’histoire de la photographie une place importante. Sa culture était vaste, son français, impeccable, et ses goûts, justes. Très vite nous devînmes amis et bientôt il devait travailler pour Yves Saint Laurent. Je me souviens parfaitement du moment où je lui ai dit : " David, si tu peux photographier en même temps une femme, la tour Eiffel et un bouquet de roses, alors tu signeras la publicité du nouveau parfum Paris ". Il le fit, et cette photo devait s’étaler sur les pages des magazines du monde entier. Bien sûr, il y avait une femme, la Tour Eiffel et un bouquet de roses, mais il y avait surtout une photo. En effet, David ne sacrifiait pas à la facilité, au joli. Il conserva toute sa vie la rigueur qui accompagne la création. Les oeuvres que nous présentons ici sont parmi les dernières faites par lui. Son chant du cygne. On ne peut qu’admirer sa maîtrise, sa technique, tout en étant bouleversé par l’émotion qui sourd à tout moment. Avec ses fleurs, il rejoint dans un chromatisme éblouissant des oeuvres qu’il admirait par-dessus tout : les pastels de Manet. Ses nus sont une leçon de dignité et ne doivent rien à un voyeurisme facile.

 

J’ai beaucoup aimé David et je suis heureux, avec cette exposition, de le lui montrer. Et de lui dire mon admiration.

 

 

Note des commissaires de l'exposition

Avec cette exposition, nous souhaitons rendre hommage à l’artiste David Seidner, qui, soucieux de forger son identité, puise dans l’histoire de l’art une dimension universelle et dans l’art contemporain la substance de son être.

 

Si l’on peut parler de la mémoire comme d’un courant artistique, l’oeuvre de Seidner devrait sans nul doute lui appartenir.

 

Mémoire des artistes qu’il inscrit dans le platine, tels les bustes classiques, icônes intemporelles de notre histoire. Passeur, il inventorie la forme, lui conférant par sa conviction la gravité de l’âme.

 

Ainsi la chair des nus, académiques, dépouillés de tout artifice, illustre sa quête de la matière, picturale, humaine et photographique.

 

Il privilégie les éléments de décor humbles, fil de fer, bris de miroir, murs à la peinture patinée par le temps. Il joue avec la chimie, stratifie les Ektachrome, surimprime les négatifs, interpose des plaques de verre peintes entre l’objectif et son sujet, fait de la prise de vue une performance.

Cette recherche l’obsède jusqu’à ce qu’il devienne lui-même son sujet d’expérimentation. Avec ses autoportraits nus, il se statufie, s’immortalise.

Mémoire façonnée inlassablement, où le processus retrouve son sens et la perfection prend vie.

 

Des portraits fragmentés de jeunesse aux Orchidées, vulnérables et irréductibles, à son image, commence, s’accomplit et s’achève sa quête. Seules subsistent beauté, sensualité, couleur et lumière.



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